Ça aurait dû être toi, d’Andrea Mara

Depuis la naissance de son bébé, Susan est épuisée. Son couple vacille, et, dans son quartier résidentiel aux allures parfaites, les apparences sont trompeuses. Prise à partie sur le groupe WhatsApp du quartier, elle vide son sac dans un message destiné à sa sœur. Elle y traite sa voisine d’hypocrite et révèle plusieurs secrets sur sa famille. Mais le message apparaît par erreur sur le groupe des voisins. En quelques heures, les rancœurs éclatent, et les secrets se propagent comme une traînée de poudre. Susan espère que le scandale finira par s’éteindre. Jusqu’aux premières menaces de mort. Le lendemain, une femme est retrouvée assassinée au 26 Oakpark, la même adresse que Susan… mais dans un autre quartier, à l’autre bout de la ville. Une terrible coïncidence… Ou le meurtrier s’est-il trompé de maison ? Désormais, Susan ne se sent plus en sécurité, même chez elle. Derrière les façades impeccables de son quartier, chacun cache des secrets. Et certains sont prêts à tuer pour les protéger. Car parfois, un simple message suffit à faire voler une vie en éclats.

Une très belle découverte que ce thriller domestique – genre très à la mode en ce moment – à la trame parfaitement tissée et au suspense savamment distillé !

C’est le type de romans dans lesquels je me laisse facilement embarquer pour peu qu’ils soient maîtrisés et crédibles. Dans la veine de Petits secrets, grands mensonges, de Liane Moriarty, et aussi, bien avant, de la cultissime série télévisée Desperate Housewives, Ça aurait dû être toi se déroule dans un quartier tout à fait normal, parmi des personnes lambda, touche au quotidien et naît d’une situation somme toute fort banale. En effet, qui n’a jamais envoyé un message en se trompant de destinataire ?

L’histoire puise à la source d’un des pires côtés des réseaux sociaux : celui de la vitrine accessible à tous, qui permet à n’importe qui de révéler secrets, mensonges, rancœurs, faux-semblants, de propager on-dit et rumeurs, et sur laquelle pullulent harcèlement et menaces en ligne. En conséquence d’un geste inconsidéré, suspicion, méfiance et paranoïa s’installent dans la communauté, et c’est l’escalade.

Ici, tout le monde ment ou, a minima, cache quelque chose et, au travers de ces petits drames familiaux, matrimoniaux, amicaux ou de voisinage, l’histoire utilise tout ce qui peut gangréner des relations, puis, par dérive, jeter l’opprobre, détruire une réputation, une famille, un quartier, tout un microcosme. Mais ici, toutes ces petites lâchetés ou malveillances vont produire un effet boule de neige et entraîner jusqu’au meurtre.

Une multitude de personnages – présentés de manière pratique et intelligente en première page – sont touchés par les événements. On suit leurs réflexions, leurs points de vue, leurs actions et leurs réactions dans des chapitres courts où l’on passe de l’un à l’autre, ce qui crée une tension progressive.

Le récit est émaillé de nombreuses surprises, de rebondissements vraiment inattendus, de fausses pistes et de retournements de situation qui maintiennent le suspense tout du long et jusqu’au dénouement, par ailleurs fort bien troussé. Pour moi, c’est vraiment une réussite du genre, et je ne manquerai pas de me procurer les autres romans de cette autrice irlandaise.

Je remercie les éditions Mera pour cette lecture très addictive qui m’a fait passer un excellent moment.

Ça aurait dû être toi, d’Andrea Mara, aux éditions Mera, broché à 19,99 €

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