De ce recueil d’un grand nombre d’informations sur les différentes manières d’aborder les questions politiques dans la science-fiction, il convient d’abord d’ignorer le sous-titre de la couverture, doublement faux puisque, d’une part, il confond la science-fiction avec la seule anticipation et d’autre part, le point d’interrogation choque quiconque connaît, en particulier, les différentes science-fictions revendiquant leur rôle en politique des années 70, en particulier en France, mais aussi au Royaume-Uni et aux USA… D’ailleurs le lecteur est rassuré dès la quatrième de couverture qui décrit la réalité du livre : histoire de différentes approches politiques par la SF, situation de différentes SF nationales, sujets d’étude de la réalité politique par la SF…
Les nombreux intervenants de ce recueil ont des connaissances importantes de leurs sujets d’intervention et j’ai moi-même découvert un certain nombre d’auteurs (anciens ou étrangers) et de titres que je ne connaissais pas. Sur certains points, en particulier l’incompréhension profonde de l’œuvre de Robert Heinlein malgré des références à l’étude d’Eric Picholle par l’un des auteurs, une erreur factuelle sur un autre auteur (Suzette Haden Elgin) dont, d’ailleurs, l’œuvre majeure citée vient enfin de paraître chez Mnémos, mais dont un autre roman était déjà paru en Galaxie Bis, et une confusion que je trouve ennuyeuse entre conscience et étude des risques et peur dans un chapitre qui emploie, à tort, le mot peur pour désigner la conscience des risques de l’avenir et la recherche de parades (j’ai indiqué aux auteurs et à l’éditeur mes réserves) ; mais elles sont vraiment secondaires devant la somme d’informations et de réflexions de ce volume. Dont je ne peux que recommander la lecture.
Politiques de la science-fiction, sous la direction de Thomas Arciszewski, Ariel Kyrou et Cynthia Lopez-Bagousse, Actu SF, 2026, 623 p., couverture de Damien Dufreney, 24,90€, ISBN 978-2-37686725-8