L’animonde : la chute de l’Europe, de Geoffrey Claustriaux

Des chats qui massacrent leurs propriétaires. Un village envahi par les araignées. Des orques qui s’en prennent aux navires.
Aux quatre coins du monde, les animaux, poussés par un instinct viscéral irrépressible, décident d’éradiquer l’humanité, ce cancer qui met en péril la survie de la planète. Le continent européen n’est pas épargné par la catastrophe.
Pour l’agent Shurins, de la police ukrainienne, tout comme pour l’ex-animateur de télévision Adriano Carrisi, la journaliste française Elise Emera et la troupe de scouts de Tenrec, une impitoyable course contre la montre s’engage.
Parviendront-ils à trouver un abri, avant que les humains ne soient relégués au plus bas de la chaîne alimentaire ?

Un post-apo où les animaux décident que l’humanité a clairement dépassé la date de péremption. Voilà le point de départ. Et autant dire que ça démarre fort.

Chats, orques, insectes, tout le monde s’y met, avec une coordination qui ferait passer une réunion de crise gouvernementale pour un goûter d’anniversaire. Le principe est simple : l’humain n’est plus au sommet de la chaîne alimentaire. Et manifestement, certains attendaient ce moment depuis longtemps.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est l’équilibre entre noirceur et plaisir de lecture. Oui, c’est violent. Oui, certaines scènes sont franchement dures. Mais le roman ne tombe jamais dans le côté gratuit ou complaisant. On sent derrière le carnage un vrai propos sur notre rapport au vivant, sans jamais sacrifier le rythme ni le côté page-turner. C’est un texte parfois sanglant, violent, prenant aux tripes, avec une écriture fluide qui rend la lecture très addictive.

La construction fonctionne très bien, notamment grâce aux différents points de vue et aux interludes qui donnent du relief à l’ensemble. On passe d’un personnage à l’autre avec une vraie efficacité narrative, sans jamais avoir l’impression de perdre le fil. Et clairement, mieux vaut ne pas trop s’attacher aux personnages… parce que personne n’est vraiment à l’abri. Cette incertitude permanente renforce la tension et rend la lecture difficile à lâcher.

J’ai aussi beaucoup aimé les références et clins d’œil disséminés dans le texte, qui enrichissent la lecture sans la rendre élitiste. On sent l’amour du genre et une vraie volonté de proposer un divertissement solide, assumé, efficace. Le roman assume son côté sombre, parfois cynique, tout en restant accessible et extrêmement prenant.

J’ai passé un excellent moment de lecture. C’est le genre de roman qu’on ouvre par curiosité et qu’on referme en se disant qu’on s’est vraiment bien amusé… tout en jetant un regard légèrement méfiant à son chat pendant quelques jours.

Un post-apo efficace, rythmé, parfois brutal, mais toujours divertissant. Je me suis régalée du début à la fin.

L’animonde : la chute de l’Europe, de Geoffrey Claustriaux, Le Héron d’Argent

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