Les maudits de Faerywood, T2, d’Amandine Peter

Prisonniers de l’île de Faerywood, les derniers faes du Royaume-Uni attendent une chance de mettre fin à leur malédiction. Tous les dix ans, des énigmes apparaissent aux humains, et seuls ceux qui parviennent à résoudre l’une d’elles sont conviés au manoir pour tenter de briser le sortilège.

Depuis que son frère jumeau a participé à ces jeux, Everly Quinn ne rêve plus que d’une chose : gagner sa propre invitation pour découvrir pourquoi il n’est jamais revenu.

Un mystère centenaire, des règles nébuleuses, des concurrents sans merci, un manoir à la magie facétieuse… Chaque pas la rapproche un peu plus du danger, et d’un fae aussi captivant qu’insaisissable.

Quels sacrifices est-elle prête à faire pour parvenir à ses fins ?

Une atmosphère retrouvée, mais un élan qui s’essouffle

J’avais beaucoup aimé le premier tome des Maudits de Faerywood pour son atmosphère énigmatique : l’arrivée au manoir, ses secrets, ses lieux à explorer et la personnalité singulière d’Everly étaient une invitation fort efficace. On avait envie de suivre l’héroïne dans cette demeure inquiétante, d’en découvrir les recoins et de comprendre les règles de ce monde.

Ce deuxième volume reprend cette formule presque à l’identique. Le manoir est toujours là, les mystères aussi, et le récit prolonge l’expérience du premier tome plutôt qu’il ne la renouvelle franchement. Ce qui faisait le charme de la découverte devient alors une limite : on retrouve un cadre et des ressorts familiers, mais sans toujours éprouver le même plaisir à les parcourir une seconde fois.

Le problème tient surtout au rythme. Les événements tardent à prendre de l’ampleur et l’intrigue avance par étapes qui peuvent sembler longues. L’ambiance reste travaillée, mais elle ne suffit pas toujours à maintenir l’attention lorsque les révélations se font attendre. J’ai fini par décrocher par moments, là où le premier tome m’avait donné envie de poursuivre l’exploration.

C’est d’autant plus dommage qu’Everly conserve une vraie présence et que l’univers garde de quoi séduire. La continuité plaira sans doute aux lecteurs qui souhaitent retrouver les personnages et prolonger leur immersion dans Faerywood, mais pour celles et ceux qui lisent beaucoup de fantasy et attendent une progression soutenue, ces lenteurs risquent de les tenir à distance. C’est une suite qui retrouve les qualités de son tome prédécesseur, sans parvenir, à mes yeux, à éviter l’impression de déjà-vu.

Toutefois, à mesure que l’enquête progresse, le récit apporte de nouveaux indices et fait basculer la quête d’Everly vers un terrain plus personnel, plus sombre, sans pour autant lever le voile sur les secrets de Faerywood. Plusieurs questions restent en suspens, et la fin semble surtout préparer la suite plutôt que de refermer les mystères. Ces révélations tardives pourront satisfaire les lecteurs prêts à s’armer de patience ; elles ne suffiront pas forcément à faire oublier les longueurs à ceux qui, comme moi, attendaient que l’intrigue prenne son élan plus tôt. 

Les maudits de Faerywood – Tome 2, d‘Amandine Peter, Folio Fantasy

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