Lorsqu’on parle de Gillian Anderson, on pense d’abord à l’actrice, en particulier X Files, Sex Education ou The Fall, moins à la femme d’affaires avec sa boisson G Spot, et à l’auteure de romans (la série avec Jeff Rovin). Et, dans ce cas précis, Nos désirs, traduction française du livre Want. Il était d’ailleurs difficile de passer à côté tant l’actrice en a parlé sur les réseaux. Avec force vidéos.
Alors, Nos désirs, ça parle de quoi ? Des fantasmes féminins, sous forme de compilation de 174 courriers de lectrices, auxquelles Gillian Anderson a demandé de raconter de façon anonyme leurs secrets en matière de sexe. Histoire de donner un semblant d’ordre, ces lettres sont regroupées par « thèmes »… qui n’en sont pas réellement.
Si j’avoue avoir été curieux de découvrir ce livre, et je remercie Babelio/masse critique à ce propos, je suis resté sur ma faim, et en définitive assez circonspect sur l’intérêt d’une telle démarche. Peu de lettres semblent être sincères, mais font plutôt penser à un étalage de pensées parfois assez glauques, jusqu’à la soumission, le BDSM, le fétichisme, une libération totale des propos que seul l’anonymat permet. À ce titre, les femmes n’ont rien à envier aux hommes. Chacune d’entre elles est ponctuée de la nationalité de la personne, de ses revenus, de son orientation sexuelle et religieuse et de son statut matrimonial.
Dans cet ensemble se détachent tout de même certaines lettres que j’ai trouvé particulièrement touchantes, où l’on sent réellement la sincérité de la démarche, comme cette femme qui relate les difficultés que génèrent son handicap moteur et le ressenti des autres, ou cette veuve qui exprime le manque depuis le décès de son conjoint, le vide sentimental et les difficultés qu’elle éprouve à trouver une compagnie… Mais cela reste malheureusement trop marginal pour soulever l’enthousiasme.
J’ai fini par refermer le livre après bien des efforts car je déteste laisser une lecture inachevée, en ayant plus eu l’impression de lire un recueil pornographique qu’autre chose, souvent écrit de manière froide, synthétique, presque machinale. Mais on parle de fantasmes, me direz-vous ? Tout à fait. Je m’attendais cependant à un je-ne-sais-quoi de réalisme, d’honnêteté peut-être, comme je l’ai dit de sincérité. Je n’ai pas vraiment eu l’impression de découvrir cela en lisant ces pages.
Nos désirs, de Gillian Anderson, traduction de Marion Segui, éditions J’ai Lu, février 2026, 10,50 €, ISBN 978-2-290-42267-0