Ce roman, probablement un des derniers d’Angelica Gorodischer, n’appartient plus du tout à la science-fiction, peut-être, à la limite, au fantastique psychologique. Il est bien plus proche de l’Ulysse de James Joyce, même s’il envisage les pensées et rêveries de plusieurs personnages au cours d’une longue période plutôt qu’un seul dans une durée de vingt-quatre heures, ou des Choses de Pérec.
Comme chez Pérec, il s’agit effectivement de la vie et des pensées des habitants d’un même immeuble, ici une pension de famille d’une ville probablement allemande, en un temps qui n’est pas précisé, mais qui devrait être au dix-neuvième siècle ou au début du vingtième. Quelques incidents, comme l’arrivée puis le départ d’une dame japonaise, peut-être la seule des habitants de la pension dont nous ne connaîtrons les actes que par les réactions des autres et aucunement les pensées, ou l’accident d’une des servantes de la pension, émaillent donc cette odyssée.
Roman intéressant donc, mais moins bien sûr que Kalpa impérial qui demeurera donc l’oeuvre majeure d’Angelica Gorodischer.
Prodiges, d’Angelica Gorodischer, traduit par Guillaume Contré, La Volte, 2026, 230 p., couverture de Zariel, 22€, ISBN 978-2-37049-297-5