À qui sait attendre, de Michael Connelly

Toujours à la tête des affaires non résolues, l’inspectrice Renée Ballard retrouve la piste d’un tueur en série, surnommé le violeur à la taie d’oreiller, grâce à un ADN a priori sans rapport. Mais plus l’enquête avance, plus les obstacles en particulier juridiques la bloquent. Si Harry Bosch ne fait plus partie de son service et est officiellement en retraite (définitive ?) pour soigner son cancer, il ne refuse jamais de lui venir en aide. D’autant que cette fois, elle se voit proposer une nouvelle recrue en la personne de Maddie, la propre fille de Harry. Maddie qui, en louant un box pour entreposer ses affaires personnelles, met la main sur un classeur de photographies qui pourrait relancer l’affaire du Dahlia Noir.

Comme toujours chez Connelly, le roman est divisé en plusieurs enquêtes, le plus souvent sans rapport, qui se télescopent au gré de l’avancée des policiers. Par contre, que le lecteur ne s’y trompe pas : même si la couverture parle d’une enquête de Bosch et Ballard et si Maddie intervient de façon plus importante que dans les opus précédents, ce roman est avant tout une histoire de Renée Ballard. Le temps de quelques chapitres et Harry est renvoyé au repos. Quant à Maddie elle fait presque un rôle de figuration, sa présence se justifiant uniquement par la résolution très (trop ?) rapide de l’affaire du Dahlia Noir. Un élément qui rend du coup le récit un peu bancal et absolument pas indispensable. Dommage aussi pour Harry, même si, pour les lecteurs qui le suivent depuis le début, le parti-pris de le faire vieillir au cours de ses enquêtes le rend plus humain. Jusque quand Connelly le fera intervenir ? Il assure ne pas en avoir fini avec lui…

L’écriture de l’auteur fait toujours merveille et c’est une prouesse intellectuelle que de réussir à tenir le lecteur en haleine depuis si longtemps et après autant de romans, même si dans ce dernier je note une petite baisse de régime. À suivre.

Michael Connelly – À qui sait attendre – traduction de Robert Pépin – Éditions Calmann Levy – janvier 2025, 22,90€

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