Central Station, par Lavie Tidhar

Central Station, installée sur une partie de Tel Aviv devenue internationale après des siècles de guerre et le retrait des juifs sur Tel Aviv Nord et des Palestiniens sur Jaffa, ressemble plus au Tanger des films des années 1930 qu’à aucun endroit actuel. On y croise tout : des humains augmentés qui participent à la Conversation, des trafiquants de toutes sortes et des personnages aussi invraisemblables que variés, ceux du livre, en particulier Boris Chong, revenu de Mars, descendant d’un immigré chinois qui a laissé à ses descendants une malédiction électronique, un robot-prêtre de l’Église Robot, des robotniks, anciens soldats augmentés, et même une vampire psychique venue des astéroïdes, alternativement traitée de strigoï ou de Shambleau, Carmel. Sans oublier les Autres, créations informatiques uniquement virtuelles, mais capables d’imposer leurs volontés…

Ce n’est pas vraiement une histoire avec un début, en l’occurence le retour à Central Station de Boris et l’arrivée de Carmel et leurs conséquences, et une absence de fin ; c’est une galerie de personnages et de situations. Truffée de références à nombre de classiques de la SF qu’il serait trop long d’énumérer. De même que je m’interdis d’énumérer les personnages de l’histoire, qu’on découvre les uns après les autres…

A mon avis un vrai régal pour l’amateur de SF qui a un minimum de culture, et une jolie histoire pour n’importe qui.

Inutile de chercher une thèse ou une propagande, ce n’est pas un livre à thèse ou démonstration. Mais une jolie promenade dans un univers sans doute totalement irréalisable ; certaines des transformations présentées demanderaient des siècles, d’autres n’auraient plus de sens trop loin dans le futur…

Central Station, par Lavie Tidhar, traduit par Julien Bétan, Pocket n° 7422, 2026, 282 p., couverture de J, Otto Szatman, 8,90 €, ISBN 978-2-266-36182-8

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