C’est une curieuse apocalypse qui date de 1920, écrite par une biologiste autrichienne vivant en Allemagne, qui reprend des idées déjà publiées d’une part chez Rosny Aîné dans La mort de la Terre (Ferromagnétaux), d’autre part chez E. M. Foster dans The Machine stops : l’idée de l’écroulement d’une civilisation trop techniciste et la vengeance de la nature ignorée, voire combattue. Le thème est classique, le traitement original si on tient compte de la date de parution, même si la rédaction du roman peut paraître datée.
C’est un vieux savant de la Culture – le mot s’oppose ici à la nature, qu’usitent les habitants de ce monde qui peut paraître paradisiaque, où les nourritures artificielles ont fait disparaître l’agriculture et l’élevage – qui poursuit des expériences que les autorités du Ministère Impair voudraient interdire et qui pressent la catastrophe qui va détruire les villes. Cet homme essaye de sauver d’une part les cabaniers, derniers agriculteurs que la Culture voudrait absorber, d’autre part son apprenti et des amis. Mais les autorités, en particulier un employé du Ministère Impair, vont tout faire pour l’en empêcher…
La postface d’Erwann Perchoc rappelle la vie de l’autrice et ses travaux.
Un roman intéressant à découvrir au moment où, d’une autre façon, certains négationnistes veulent nous précipiter dans une autre sorte de fin du monde.
Les âmes de feu, d’Annie Francé-Harrar, traduction et postface Erwann Perchoc, Pocket n° 7407, 2026, 235 p., couverture de Niko Heinrichon, 8,5€, ISBN 978-2-260-35563-6