Radithor, d’Alexandre Page

Dans les années 1920-1930, le radium est à la mode. Employé dans des cosmétiques, des peintures luminescentes, des dentifrices, des cigarettes et même des sodas « atomiques », son usage est aussi considéré comme une révolution médicale. Il est vendu dans des comprimés, des pommades et des eaux miraculeuses par des laboratoires qui vont jusqu’à prétendre que la radioactivité a le pouvoir de rajeunissement.

Parmi eux, les Bailey Radium Laboratories, créateurs du Radithor, une eau radioactive au succès aussi fulgurant que dévastateur, dont la trajectoire croisera, pour le pire, celle du champion de golf et milliardaire Ebenezer McBurney Byers en 1927.

Je referme Radithor : l’histoire vraie d’Eben Byers avec la sensation d’avoir appris énormément tout en ayant passé un vrai moment de lecture.

Alexandre Page s’empare ici d’un fait historique finalement assez peu connu — le scandale du Radithor et le destin tragique d’Eben Byers, victime emblématique des dérives autour du radium dans les années 1920 — pour en faire un récit aussi passionnant qu’accessible.

Le texte est très bien écrit et particulièrement agréable à lire. L’auteur parvient à restituer toute une époque sans jamais tomber dans le travers du cours magistral ou de l’érudition pesante. Les lieux, les mentalités, les codes sociaux, les excès et les mœurs des années folles prennent vie avec beaucoup de naturel. On sent un solide travail de documentation derrière le récit, mais celui-ci reste constamment au service de la narration et de la compréhension.

J’ai particulièrement apprécié cette plongée dans une page d’histoire méconnue et pourtant édifiante, où fascination scientifique, marketing douteux et absence de régulation sanitaire se croisent de façon presque irréelle, avec, malheureusement, des conséquences bien réelles.

Quelques coquilles résiduelles subsistent ici ou là, mais franchement rien de rédhibitoire ni de particulièrement envahissant.

Mon seul véritable bémol concerne la forme davantage que le fond : la mise en page. L’absence de retraits de première ligne ou de sauts de ligne marquant clairement les paragraphes rend parfois la lecture un peu fatigante. L’œil dispose de peu de repères visuels auxquels s’accrocher et il devient plus difficile de retrouver facilement un point d’arrêt lorsqu’on interrompt sa lecture.

Cela reste toutefois un détail face aux qualités du livre. Pour les amateurs d’histoire insolite, de scandales sanitaires et de récits solidement documentés, Radithor mérite clairement le détour.

Radithor d’ALexandre Page, autoédition, ISBN 979-8306901893, 18,90

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