Requiem pour les fantômes, de Katherine Arden

C’est un curieux conte fantastique qui oppose l’enfer de la Première Guerre mondiale et plus particulièrement les batailles de Passchendaele et d’Ypres, en 1917 et 1918, et un curieux enfer (légende du front ou imaginé par Katherine Arden ?) dont le démon, qui se fait appeler Faland, invite les soldats à lui raconter leurs pires souvenirs, qu’il transforme en airs de violon, et leur donne l’oubli en échange.

C’est un enfer dans lequel s’est perdu un soldat canadien, Wilfred Iven, que l’on croit mort. Sa sœur Laura, dont les parents ont été tués par l’explosion d’un vaisseau de munitions dans le port d’Halifax, elle-même ancienne infirmière démobilisée après une grave blessure quand les Allemands ont fait sauter un dépôt de munitions qui jouxtait son hôpital, repart avec la responsable d’un hôpital privé, Mary Borden, parce qu’elle ne croit pas à sa mort et elle va essayer de le retrouver…

Katherine Arden rend très bien l’horreur de cette guerre, bien pire que celle de l’hôtel-enfer de Faland, et les aventures de Laura, de son frère déserteur et meurtrier involontaire, du soldat allemand Hans Winter avec lequel s’est lié Wilfred, de Persephone, mère d’un autre soldat canadien mort à Passchendaele, et enfin de Faland, qui intervient sans cesse pour, peut-être, faire prendre conscience aux combattants de l’horreur pire qu’infernale de cette guerre.

Ce roman n’est pas seulement un roman fantastique prenant, c’est un appel à tous pour que, à la veille d’une nouvelle répétition de cet enfer, nous essayions de ne pas accepter cette répétition.

Requiem pour les fantômes, de Katherine Arden, traduit par Jacques Colin, Folio SF n° 789, 2026, 507 p., couverture de Pascal Guedin, F9, ISBN 978-2-073-14052-4

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