2017 en plein Bruxelles. L’inspecteur Karel Jacobs, appelé sur les lieux d’un crime sordide, reconnait dans les stigmates de la victime le signe des arracheurs, un groupuscule de miliciens sans foi ni loi qui viole, pille, massacre les habitants des petits villages du Congo. Cette découverte le projette brutalement en arrière, 5 ans plus tôt, auprès du docteur Jonas Mutumbo, un médecin de dispensaire qui avait mis au monde sa fille Zita et qui s’efforce de réparer du mieux qu’il peut le mal que les tortionnaires infligent aux femmes congolaises. Cette mort horrible survient à la veille du procès de l’un d’entre eux, et Jacobs redoute que les miliciens s’en prennent aux témoins des exactions, en particulier Gloria et sa fille Phionah, rescapées presque par miracle et vivant désormais sous une fausse identité. L’inspecteur n’a pas le choix, il doit les retrouver et les protéger… mais ce ne sera pas sans conséquences…
Rares sont les romans que je referme avec un nœud au ventre, une boule dans la gorge et une envie de hurler contre cet incommensurable drame que l’on a pas pu empêcher. Les enfants du serpent est de ceux-là, un livre qui vous prend aux tripes, qui vous secoue, vous laisse éreinté comme après un combat. Un roman très noir, et l’on comprend mieux lorsque Clarence Pitz explique les conditions dans lesquelles il a été écrit. Un roman qui vous laisse un goût amer dans la bouche, en spectateur d’une victoire à la Pyrrhus, J’ai déjà eu à plusieurs reprises l’occasion de dire tout le bien que je pensais de l’auteure, et cet opus ne fait que confirmer mon estime. Clarence Pitz fait partie des très grandes auteurs du noir francophone.
Je remercie les éditions Folio pour leur confiance.
Les enfants du serpent, de Clarence Pitz, Éditions Folio, janvier 2026, 9,50 €, ISBN 978-2-07303585-1