Casimir le vampire, de Sealeha

Casimir est un vampire.
Il a une cape, un cartable en forme de chauve-souris… et jusqu’à récemment, de superbes crocs.
Le problème ?
Ils les a perdus. Juste avant la photo de classe.
Sans ses crocs, Casimir doute : comment être un vrai vampire avec un sourire à trous ?
Entre moqueries redoutées, idées farfelues et course contre la montre, il va devoir trouver une solution… avant que l’objectif ne se braque sur lui.

On connaît surtout Sealeha pour ses textes destinés aux adultes, souvent assez sombres, où elle explore les zones les plus troubles de l’âme humaine. La découvrir cette fois dans un registre jeunesse était donc une surprise… et une curiosité. Avec Casimir le vampire, l’autrice change de terrain de jeu, mais on retrouve ce qui fait la force de son écriture : un vrai sens des personnages et une attention particulière à leurs émotions.

Ce premier tome nous entraîne dans une école pas tout à fait comme les autres, où les élèves sont… des monstres. Mais pas les monstres terrifiants des contes traditionnels : ici, on découvre surtout des enfants qui apprennent à grandir, à comprendre leurs différences et à trouver leur place parmi les autres.

La série est pensée comme un ensemble de six tomes, chacun consacré à l’un des élèves de cette école : une dragonne, une louve-garou, un fantôme, un vampire, un monstre sous le lit et une sorcière. Ce premier volume pose donc les bases de cet univers et permet au lecteur de faire connaissance avec cette galerie de personnages attachants.

Pour les jeunes lecteurs, le livre fonctionne d’abord par son imaginaire. L’idée d’une école de monstres est immédiatement évocatrice et ouvre la porte à toutes sortes de situations amusantes ou inattendues. Les créatures fantastiques, revisitées avec humour et tendresse, offrent un terrain de jeu idéal pour raconter les petites inquiétudes de l’enfance : être différent, se sentir maladroit, essayer de s’intégrer.

Mais ce qui fait aussi l’intérêt du roman, c’est qu’il parle de ces thèmes avec beaucoup de douceur. Derrière les griffes, les crocs et les ailes se cachent des personnages qui ressemblent finalement beaucoup aux enfants lecteurs. Le récit évoque ainsi, de manière simple et accessible, des questions universelles : l’amitié, la confiance en soi, la peur du regard des autres.

Les parents et enseignants y trouveront également leur compte. Sous son apparence de fantaisie, l’histoire porte un message très positif sur la différence et l’acceptation de soi. Le fait que chaque tome soit centré sur un personnage différent promet d’ailleurs d’explorer ces thèmes sous plusieurs angles au fil de la série.

Avec ce premier volume, Sealeha réussit donc une entrée convaincante dans la littérature jeunesse. Son univers de petits monstres mélange humour, imaginaire et émotion, tout en restant très accessible pour les jeunes lecteurs.

Une série qui s’annonce prometteuse et qui devrait séduire à la fois les enfants amateurs de créatures fantastiques… et les adultes qui aiment les histoires pleines de fantaisie et de bienveillance.

Casimir le vampire de Sealeha, autoédition, ISBN 978-2-493972-28-6, 11€

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