À la fête de l’école, quelqu’un a trouvé la mort. Qui est responsable du drame ? Trois femmes à la croisée des chemins, des ex-maris et leurs nouvelles épouses, des familles recomposées (ou décomposées), qui cachent tous de redoutables petits mensonges, se retrouvent au cœur de l’affaire.
C’est au bout de quelques pages à peine que je me suis aperçue que je connaissais déjà cette histoire. Et pour cause : j’avais regardé l’année passée la série qui en découlait, avec Nicole Kidman, Reese Whitherspoon et Laura Dern, seulement je n’avais pas fait le rapprochement à cause du titre en anglais : Big little lies.
Et c’est là que le miracle a opéré : bien que je connaisse l’histoire, et donc le nom de la victime et de son meurtrier, je me suis régalée d’un bout à l’autre !
Je ne qualifierais pas ce roman de thriller, même pas de thriller domestique – l’un des genres qui ont ma préférence -, et ce, même s’il se termine par une mort. Pour moi, il s’agit plutôt d’un drame psychologique qui repose sur une peinture de la – bonne – société au sein d’une banlieue quelque peu chic et autour d’une école maternelle publique – peut-être parce qu’elle est la seule, d’ailleurs.
D’un œil critique et pertinent, et d’une plume incisive et juste, l’autrice brosse les portraits des personnes qui naviguent dans ce microcosme, ces mères de famille qui se côtoient par affinités, ou par obligation pour certaines. Elle décrit les mots, les postures, les comportements ou les façons de s’habiller, dissèque les jugements à l’emporte-pièce, les on-dit, les qu’en-dira-t-on, les rumeurs. Elle explore surtout les silences, les blessures, les failles, les états d’âme, les jalousies, les rancœurs, les secrets et les mensonges.
C’est une véritable étude de mœurs où les protagonistes font l’objet d’une psychologie très fouillée, et je ne la conseille qu’aux lecteurs qui n’attendent pas de l’action à tout-va. Là où il est fait mention de plein de petites choses, certains diront qu’il ne se passe strictement rien. Et voilà justement ce que j’ai adoré dans ce bouquin : cette mise en place lente et insidieuse du drame, qui sait accrocher et créer un certain suspense malgré tout, avec des révélations au compte-goutte, mais bien placées, une histoire entrecoupée de réflexions des différentes mères de famille – mais seulement celles qui sont extérieures au drame – au sujet de la scène qu’on ne vivra qu’à la fin. Je l’ai trouvé tout simplement brillant dans sa construction et dans sa narration.
Autant vous dire que je l’ai dévoré et que je suis ravie que ma pal comporte trois autres romans de cette autrice australienne ; je vais pourvoir continuer à me régaler.
Petits secrets, grands mensonges, de Liane Moriarty, au Livre de Poche, 9,90€