Course contre la montre
La chasse à la bombe A nazie
Ah le bel été 1944, celui de la Libération de Paris et de la fin de l’Occupation… mais pas des ennuis. Lizzie Beresford, espionne anglaise, débarque dans la capitale française avec ses collègues américains de l’OSS à la recherche de Joliot-Curie, le physicien français qui a découvert le principe de la fission nucléaire. Joliot-Curie prétend devant Samuel Goudsmit et Lizzie qu’il n’a rien dit et rien révélé aux Allemands venus voir son cyclotron. Mais les supérieurs de Lizzie ne le croient pas. Ils redoutent que les nazis achèvent leur programme atomique avant les Alliés. Avec leurs V2, ils seraient en mesure de détruire Londres et New York et in fine de gagner la guerre. Cela n’empêche pas Lizzie d’angoisser pour Mo, son amant français, un peu gangster, qui s’est sacrifié pour la sauver de la Gestapo. Mo qui a été déporté à Buchenwald. Les espions alliés pourront-ils empêcher les nazis de mettre au point leur bombe ? Lizzie retrouvera-t-elle Mo ?
Un deuxième volet réussi
Voici donc la suite d’Oscar Wagner a disparu, très sympathique roman d’espionnage concocté par Jean-Christophe Portes. Apocalypse Amerika se fonde sur une documentation solide, le programme atomique nazi ayant réellement existé, avec un essai en Thuringe (je renvoie à l’excellent ouvrage Pourquoi Hitler n’a-t-il pas eu la bombe atomique de Nicolas Chevassus-Au-Louis, paru en 2013 chez Economica). Des personnages réels apparaissent, comme Churchill et Samuel Goudsmit. Notons aussi que l’opération Alsos a réellement existé, avec l’intention d’écarter Anglais et Français de toute velléité de recherches sur l’atome et la bombe A. On est pour une fois séduit par la romance improbable entre la belle espionne anglaise et le truand français. Une lecture délassante.
Jean-Christophe Portes, Apocalypse Amerika, J’ai lu, septembre 2025, ISBN 9782290417430, 448 pages, 9,20 euros