Kra, de John Crowley

De John Crowley, je n’avais encore lu que son premier roman, L’abîme, dont je n’ai gardé qu’un souvenir vague, mais une impression positive. Sans doute ai-je donc complètement manqué l’évolution qui apparaît entre ses œuvres, dont plusieurs ont été traduites, et c’est donc avec la plus totale surprise que j’ai découvert ce roman assez curieux, puisqu’il s’agit d’un parcours à travers l’histoire humaine telle que vue et peut-être racontée – le narrateur doute lui-même d’avoir pu dialoguer avec une corneille qui comprendrait la langue humaine, en tout cas l’anglais, mais parlerait la langue des corneilles.

Rappelons au passage que le nom corneille désigne l’espèce la plus courante des corvidés et non la femelle du corbeau, mais c’est un problème spécifique du français puisque l’anglais distingue crow et raven.

Cette corneille, qui se serait auto-baptisée Dar Duchêne, serait née et aurait appris à parler avec les humais avec une chamane celtique de l’île de Grande-Bretagne, chamane à qui elle aurait volé une pierre magique qui l’aurait rendue immortelle, ressuscitant après chacune de ses morts. Pour, dans sa seconde vie, accompagner un moine anglais en Amérique, dans la troisième discuter avec un « Indien » du temps de la Guerre de Sécession, pour dans cette dernière vie, rencontrer le narrateur, dans un futur post-catastrophique.

C’est donc tout un panorama de l’histoire humaine que nous présente John Crowley à travers le récit imaginaire de Dar Duchêne, panorama pour le moins lugubre et pessimiste.

Il me reste donc à trouver et lire les autres romans de Crowley…

Kra, de John Crowley, traduit par Patrick Couthon, préface de Patrick Gyger, L’Atalante, collection Neptune, n°7, 553 p., couverture de Fortifem, 10,7€

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