Morgane Pendragon, de Jean-Laurent Del Socorro

An 601. Île de Bretagne. Depuis la mort d’Uther Pendragon, aucun héritier n’est monté sur le trône. Pour cela, il faudrait réussir à extraire de la pierre l’épée du défunt monarque. Les prophètes en sont pourtant persuadés : un nouveau roi va naître. Si le puissant Merlin a la certitude qu’il s’agit de son protégé, le jeune Arthur, c’est Morgane, la fille cachée d’Uther, qui s’empare de l’arme. Réussira-t-elle à faire face aux guerres, aux intrigues, et à s’imposer comme une souveraine légitime ? La légende morganienne ne fait que commencer.

Je referme Morgane Pendragon avec un sentiment partagé, presque paradoxal. D’un côté, l’écriture de Jean-Laurent Del Socorro m’a accrochée : il y a dans ses phrases une élégance, parfois une fulgurance, qui donne envie de souligner, de relire. C’est un texte qui respire, qui ose prendre le temps de s’installer. Ce que j’ai surtout apprécié, c’est ce parti pris : transformer la légende, déplacer le centre de gravité vers Morgane, la laisser exister autrement, loin des clichés. Il y a là une volonté claire de donner voix aux femmes, de réinventer le mythe en le rendant plus ouvert, plus inclusif – et cela fonctionne, la plupart du temps.

Mais j’avoue : malgré ces qualités, je suis restée un peu à distance. L’intrigue, bien construite, ne m’a pas totalement emportée. Les personnages, même travaillés, m’ont parfois semblé comme derrière une vitre – présents, mais sans réussir à me bouleverser. Est-ce une question de rythme ? Peut-être. Ou bien un effet secondaire de cette réécriture ambitieuse, qui déconstruit beaucoup, au risque parfois de diluer l’émotion.

Reste une lecture stimulante, qui mérite l’attention, surtout pour la plume et l’audace du propos. Mais pour moi, la magie n’a pas tout à fait opéré.

Jean-Laurent Del Socorro, Morgane Pendragon, J’ai lu, mars 2025, 9 €

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