Les années ’80 ont vu fleurir une belle collection de films d’horreur, une sorte d’âge d’or selon moi, avec des titres aussi alléchants que Evil Dead, The Thing, Les griffes de la nuit, Le loup-garou de Londres, Fog ou Shinning pour ne citer que ceux-là. C’est aussi l’époque des séries B horrifiques fauchées, lancées dans les années 60/70 entre autres par Roger Corman. Parmi ses films à budget ridicule, il en est un dont les fans d’horreur se souviennent certainement : Maniac de William Lustig. Déjà, une affiche typique du genre : un tueur armé d’un long couteau, une main épaisse et noueuse, le jean maculé d’hémoglobine, l’autre main tenant son trophée. Tout un programme ! L’histoire de Franck Zito, un homme d’apparence banale mais dont l’enfance malheureuse, maltraité par sa mère prostituée, a sérieusement altéré ses capacités cérébrales. Car Zito est devenu un tueur en série qui traque ses victimes, toutes des jeunes femmes à la chevelure opulente, pour les tuer et les scalper. Ces scalps finissent agrafés sur la tête de mannequin qu’il collectionne dans son appartement. Le jour où son chemin sanglant croise celui d’Anna, une photographe qui l’a photographié de façon fortuite, sa vie bascule…
Les éditions Faute de Frappe et son créateur, Marc Falvo, ont eu la riche idée de développer une collection de romans d’horreur de poche, un genre qui fait défaut dans le panel littéraire en France. Un pari osé et qui ne peut mériter que ma haute estime, étant donné ma dilection particulière pour le genre. Et pour adapter ce film en roman, cette novélisation comme disent les Anglo-saxons, qui d’autre que Stéphane Bourgoin pouvait s’y atteler ? L’auteur a publié quantité d’ouvrages sur le thème des tueurs en série, On lui doit également des anthologies de romans noirs comme ceux de William Irish. Ici, il se glisse sans difficultés au côté de Franck Zito, dans un récit conjugué au présent, à la narration froide, détachée, presque chirurgicale. Et du scalpel au couteau, il n’y a qu’un pas.
Maniac était un petit film d’horreur fauché, il devient un roman d’horreur qui fleure bon le côté vintage comme je les aime. Et j’en redemande !
Maniac, de Stéphane Bourgoin, d’après le scénario de William Lustig et Joe Spinell, Éditions Faute de Frappe, mars 2025, 10 €, ISBN 978-2-491750-76-3