AquaTM, de Jean-Marc Ligny

L’Atalante fait reparaître cette histoire datant de 2005. Je regrette de ne pas l’avoir lue alors, quand elle portait un espoir aujourd’hui totalement disparu, tué par les actuels maîtres du Burkina Faso et par Trump. On peut désormais lire ce roman comme une uchronie « solarpunk », mais certainement plus comme une source d’espoir, ce qu’il se voulait au départ.

L’histoire se passe dans un avenir encore éloigné par rapport à son écriture, en 2030. Pollution et réchauffement climatique ont transformé toute l’Afrique, et en particulier le Burkina Faso, en mouroirs arides. Mais un satellite a repéré, en dessous d’un lac asséché, une immense réserve souterraine au Burkina Faso, qu’une multinationale états-unienne entend accaparer, tandis que, toujours aux Etats-Unis, une secte, la Divine Légion, multiplie les attentats pour préparer la disparition de l’Humanité. Un hacker ayant révélé au monde, et aux Burkinabés, l’existence de cette richesse, la Présidente du Burkina Faso, aidée par quelques-uns, dont sa grand-mère fétichiste, va essayer de s’opposer à ce crime. Avec l’aide du Dieu local de ce livre, à savoir l’auteur.

Parce que, comme dans n’importe quel roman, particulièrement ceux qui veulent une fin heureuse, la volonté de l’auteur l’emporte sur la vraisemblance des événements. Ce n’est pas spécifique à la SF, même si celle-ci revendique la suspension de scepticisme. Et, il y a vingt ans, quand le roman est paru, il était possible de la lui accorder.

Est-ce encore possible en 2026, quand les actes de Poutine (au Burkina Faso aussi) et de Trump, finalement totalement invraisemblables avant réalisation, convergent vers la victoire du pire ?

Il reste un roman somme toute optimiste dans un monde actuel où l’optimisme n’a plus de place dans la réalité.

Jean-Marc Ligny, AquaTM, L’Atalante, collection Neptune, n°8, 2025, 840 p., couverture de Fortifem, 12,7€

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