Sur les bords de la mer Rouge, en Égypte, le jeune prodige Lukas Berger s’élance pour battre le record du monde d’apnée. Devant lui s’ouvre le Blue Hole, un gouffre réputé pour sa beauté autant que pour sa dangerosité. Lukas n’en remontera pas. Une dérive, un malaise ? Mais alors pourquoi sa montre est-elle accrochée au câble qui le reliait à la surface ? Quand le corps mutilé d’un autre plongeur apparaît, la femme de Lukas comprend qu’il ne s’agit pas d’un accident. Et chercher la vérité va faire émerger de bien sombres histoires…
Après les dangers venus du ciel – Noir comme l’orage, roman précédent de l’autrice – voilà que Sonja Delzongle nous entraîne dans les profondeurs de la mer et nous fait découvrir ceux liés à la pratique de ce sport quelque peu méconnu : l’apnée de compétition.
Le dépaysement est total tellement les sensations sous l’eau sont bien décrites, et grâce aux recherches sur le sujet, on en apprend beaucoup sur les apnéistes et leur discipline exigeante et périlleuse. L’immersion est fascinante, mais aussi très oppressante, voire anxiogène, sentiments que renforcent les personnages, forts et faibles à la fois, fracassés ou déchirés, ambigus ou même malsains.
Dans ce polar/thriller où compétition, quête de la performance – parfois jusqu’à l’inconscience – et jalousies se mêlent aux secrets, à l’amour et à la haine – jamais très loin l’un de l’autre –, les surprises sont nombreuses. J’ai pris le premier retournement de situation, à la page 144, comme un uppercut, puisqu’il remet en cause toute l’orientation du roman, et en même temps toute l’enquête. Puis les révélations s’enchaînent avec une précision presque mathématique dans une intrigue complexe aux multiples ramifications, maintenant le suspense tout au long de la lecture.
Apnée est un thriller haletant et profondément immersif, c’est le moins que l’on puisse dire.
Apnée, de Sonja Delzongle, Folio