Ce livre est un roman dont les héros sont les quatre frères de Jésus : Jacques, José, Simon et Jude. Mais bien qu’ils soient ici des personnages romanesques, je ne les ai pas inventés : tous appartiennent à l’Histoire et leur existence est attestée par de nombreux textes canoniques.
Jacques, le deuxième de la fratrie après Jésus, fut même le chef de l’Église de Jérusalem en un temps où la Rome chrétienne n’existait pas : en somme, le premier pape. Restait à imaginer la vie de cette famille peu ordinaire dans la Palestine occupée par les Romains : tandis que les disettes s’enchaînent, que les tensions politiques s’exacerbent et que les sectes religieuses se multiplient, les massacres succèdent aux révoltes et le peuple, épuisé, attend le Jugement dernier.
Au soir de sa vie, Jude, le dernier des frères, se souvient et raconte…
Découvrir Françoise Chandernagor a été, pour moi, un moment fondateur. Au collège, L’allée du roi m’a littéralement ouvert la porte du roman historique. Je l’ai lu, relu, et il fait partie de ces livres qui marquent durablement un parcours de lectrice… et sans doute aussi d’autrice.
Quatre décennies plus tard, j’étais donc sincèrement heureuse d’ouvrir Vie de Jude, frère de Jésus. L’idée d’une vie imaginée de Jude, construite sur un socle de recherches historiques solides, avait tout pour me séduire. Et il faut être honnête : le travail documentaire est là. On sent la maîtrise des sources et la volonté de restituer une époque et un contexte religieux complexes. Le roman s’inscrit clairement dans une démarche historique sérieuse, avec des personnages issus de textes canoniques et replacés dans la Judée du Ier siècle.
Mais, malgré ces qualités indéniables, la mayonnaise n’a pas pris pour moi.
La raison principale tient à la narration. Le texte colle extrêmement près des récits bibliques, jusque dans le style et le rythme. Cette langue volontairement proche des Évangiles est d’ailleurs souvent soulignée dans les présentations du livre ou les critiques, comme un choix stylistique assumé, presque un “évangile romancé”.
Sauf que, personnellement, c’est exactement ce que je cherchais à éviter en ouvrant ce roman.
J’avais envie d’en apprendre davantage sur cette période et sur ces figures historiques sans avoir à me confronter à la densité et à la lourdeur que je ressens en lisant les textes bibliques. Or j’ai retrouvé cette même sensation de lecture lente, solennelle, parfois presque figée. Au point que la lecture est devenue rébarbative et, disons-le franchement, soporifique par moments.
C’est la première fois que je ne termine pas un roman de Françoise Chandernagor. Et ça me fait un petit pincement au cœur, parce que je reste convaincue de la qualité de son travail d’écriture et de recherche. Mais cette fois, l’expérience de lecture n’a simplement pas fonctionné pour moi.
Vie de Jude, frère de Jésus de Françoise Chandernagor, Folio, ISBN 978-2253068686, 9,20€