Imaginez : vous êtes une romancière qui peine à percer dans le monde impitoyable de l’édition. Sentimentalement, votre famille se compose de trois enfants et d’un ex-mari plus âgé et pas toujours en phase. Vous avez rendez-vous avec votre éditeur pour parler des ventes de vos livres qui stagnent. Et là, surgissent les policiers, dont une commandante plutôt brute de décoffrage qui vous passe les menottes. Vous vous retrouvez inculpée d’un crime horrible sur un gamin, le troisième en fait. Vous vous dites que c’est une erreur, vous étiez à Paris, pas dans le Vercors où s’est produit le meurtre…
Sauf que votre ADN a été retrouvé sur les lieux du crime.
Postulat de départ simple, efficace, un démarrage en trombe pour ce polar nerveux signé René Manzor et que l’on imagine sans problème adapté à l’écran tant l’écrire est cinématographique. L’auteur suit donc Marion Scriba, une auteure que tout accuse, la commandante Kassar, aussi aimable qu’un pitbull à qui on aurait piqué son os, et Wim Haag, un ancien d’Europol rappelé pour enquêter sur cette affaire qui touche plusieurs pays européens. Et si la mort de ses enfants et la trace ADN de Marion étaient liés à son passé d’activiste en Colombie, un passé qu’elle s’est bien gardée de communiquer à son époux et qui lentement remonte à la surface ?
Avec L’ombre des innocents, René Manzor signe un polar sans faute, un roman tellement prenant qu’il faut au lecteur une sacrée volonté pour ne pas le finir trop vite. Émotion, action, trahison, scènes spectaculaires, on sent le scénariste sous la plume, eh oui, je persiste à penser que ce roman mériterait une adaptation cinématographique car tous les ingrédients sont là. Ne passer surtout pas à côté sous peine de le regretter plus tard!
Je remercie les éditions Folio pour leur confiance.
L’ombre des innocents, de René Manzor, éditions Folio, mars 2026, 9,50 €, ISBN 978-2-07-310407-6